L’Amour

Mardi 17 Mai 2016

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Je me souviens de ce jour de février, où je suis né.

Nous étions trois boules de poils noirs, mon ainé n’a pas survécu au traumatisme qu’une naissance peut engendré. Nous étions deux alors. Ma maman s’appelait Lucie, elle était un joli ratier mi papillon mi teckel aux poils long brillants et cendré noir et marrons. Mon père était un chien plus haut sur pattes noir un ratier type berger croate ou border collie et de passage bien entendu !

J’ai vécu les deux premiers mois de ma vie avec ma maman et mon frère, lové dans ses pattes, elle me protégeait. Avec mon frère qui était un peu plus robuste que moi on commençait très vite à se chamailler à rouler, à se mordiller. Nous avions attendri le fils de notre maîtresse, qui décida d’offrir à son propre fils mon frère qu’il appela Réglisse, et de me recommander à son meilleur ami Pierrick.

Et Pierrick pensa que ses filles seraient ravies de m’accueillir. Alors nous avons quitté notre mère, et ce fût notre première blessure, celle qui m’a fait le plus mal jusqu’à aujourd’hui.

Je me souviens de mon maître Pierrick, et surtout de son odeur de viande lorsqu’il rentrait (il était boucher). J’étais comme beaucoup de mes congénères un gourmand.

Je me souviens de ce premier jour où il m’a présenté à celle qui sera pour moi la femme d’une vie, celle qui sera pour moi mon monde et celle pour qui je serais son monde, Nénette sa fille. C’était le printemps nous étions au début de Mai. Le soleil et le pollen volant donnaient une atmosphère très tendre à cette merveilleuse journée.

Je suis arrivé tout petit tout mignon avec mon pelage ébène brillant, elle m’a tout de suite adopté et câliné, et c’était très réconfortant pour moi qui venait d’être arraché à ma mère. Elle m’avait déposé sur son lit immense pour que je dorme, elle venait me voir par la fenêtre de temps en temps car elle était une enfant, elle jouait dehors. Nénette m’a très vite gardé que pour elle et très vite je ne suis plus du tout allé chez Pierrick, c’est lui qui venait me voir. Je lui en était très reconnaissant, alors dès qu’il passait toujours avec son odeur de viande je lui faisait la « fête », d’ailleurs il adorait nargué la foyer entier de Nénette avec Béa ma mère d’adoption et Aurélie, il disait en me caressant le dessus de la tête et me tapotant les côtes « un chien n’a qu’un maître » !

Je l’aimais bien mais parfois il me laissait seul trop longtemps, et je faisais des bêtises ! Une fois je me suis enfuis je ne sais pas ce qui m’a pris car j’ai vadrouillé deux trois jours sans boire sans manger, mais Pierrick en me retrouvant a dit que ça m’apprendrai la vie, je n’ai pas trop compris, mais j’étais tellement heureux de le voir !

Mais mon monde c’était elle, elle qui me sortait, elle qui se précipitait sur moi pour me câliner à chaque fois qu’elle rentrait à la maison où à chaque réveil quand j’allais l’a réveiller à coup de truffe, où juste lorsqu’elle me croisait… elle était celle qui jouait toujours avec moi.

J’arrivais à croiser mon frère de temps en temps il était resté dans la famille qui habitait pas très loin de chez nous. On faisait les fous dans la maison à chaque rencontre et je peux vous dire que Béa râlait !

Mes premières années étaient merveilleuses, on me donnait de l’amour de la bonne nourriture et beaucoup de jouets, des balles, des cordes à ronger, je partais souvent à la plage avec nénette elle m’amenait dans de très beaux endroits, je ramenais des cailloux bientôt plus gros que moi ! Bon sang que ça me faisait mal aux dents, mais comme j’étais fier !

J’étais un chien très beau enfin de ce que disaient les gens, Nénette mettait un point d’honneur à ce que je porte un bandana chaque jour, et propre ! J’y avais pris gout ! Pierrick avait dit que mon échappée m’apprendrait la vie et que l’on m’y reprendrait plus mais c’était sans compter sur mon instinct de reproducteur ! Et oui j’étais un vrai mâle avec toujours ses attributs et je réitérais une nouvelle échappée qui cette fois entérinais mes envies de vadrouille, deux jours dehors dans la quiétude pour me retrouver à la fourrière tatoué et vacciné, heureusement Nénette et Béa en détresse ce sont chargée de me récupérer et la joie de me retrouver de Nénette m’a délibérément assagi.

Nénette m’emmenait souvent courir avec elle, je l’a protégeais du mieux que je pouvais, et j’entretenais aussi par la même occasion ma ligne, et heureusement car on m’appelait le petit banc quand je m’enrobais un peu trop. Le petit banc était l’un de mes nombreux surnoms, car ils aimaient en trouver de nouveaux régulièrement, je m’appelais Moustic, c’est Pierrick qui a choisi, Nénette s’y est faite mais elle aimait m’appeler mon Mouli , le mulot , mon chien , Béa c’était plus mon pépère et Pierrick petite boule !

Ce n’était que des surnoms affectifs je les aimais bien. J’ai donc partagé les joies et les peines de cette famille décomposée, Nénette était une enfant quand je l’ai rencontré, elle m’a donné toute la sincérité et l’innocence qu’un enfant puisse offrir. Je lui ai en retour donné mon amour, sincère et irrésistible, je pouvais passer des heures à ses pieds lorsqu’elle révisait, j’ai eu le privilège des canapés dans ma famille ! J’ai eu les couches moelleuse et propres, et quand j’étais chiot je dormais avec Nénette ! J’ai eu cette vie convoité par beaucoup d’animaux je pense.

La vieillesse ne s’est manifester que vers mes treize ans, le diagnostique est tombée, arthrose. Alors ma famille m’a rendu encore ce que je leur donnais, ils prenaient soin de moi j’avais un régime de croquettes spéciales, je ne les aimais pas nature alors Nénette m’y mélangeais souvent du jambon ou d’autres bonnes choses. Malgré une mobilité réduite je gardais l’esprit joueur, les balles étaient toujours de bonnes copines. Jusque peu de temps, où malgré l’amour et les soins, on a tous senti que la vieillesse m’emportait.

Nénette à rencontrer l’amour et il a fallu batailler avec ce nouvel homme, j’avais un premier rôle à conserver ! Finalement nous nous sommes entendu, et j’étais rassuré qu’il veille sur moi aussi aujourd’hui. Le bébé de Nénette à quand même changer les choses, elle était mon monde mais elle avait à présent deux mondes eux et moi. Je ne lui en veux pas car elle a toujours gardé ma place à ses pieds, la nuit j’étais toujours au pied de son lit sur ma couchette. Evidemment son amour pour moi était toujours celui d’un enfant, sincère et irrésistible.

Mais la vieillesse m’a emporté, depuis quelques semaines je perdis de plus en plus l’ouïe et la vue, alors je m’absentais de longues minutes dans le vague assis, dans une méditation. Nénette sentais bien que le livre de mon chemin arrivait à sa fin, même si elle refusait de l’imaginer. Nous nous étions rencontré il y a quinze années.

 

Je me souviens de sa façon de me caresser, unique, elle passait sa main derrière mes oreilles, puis gratouillais, revenait sur mes sourcils et gratouillais et enfin gratouillais ma gorge et mon menton, c’était absolument parfait !

 

Aujourd’hui elle m’a accompagné dans mon histoire elle ne m’a pas laissé seul dans ce moment inévitable avec tout son amour irrésistible. Ses larmes chaudes sur ma truffe ont su me donner la force et le courage de lui dire au revoir. Je continuerais à veiller sur elle, Elle était Mon Monde. Elle continuera à m’aimer, j’étais Son Monde, son meilleur ami, son frère. Et nous nous retrouverons.

 

 

Moustic

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